Arbeidsgeneeskunde

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Malades de longue durée : Quatre entreprises sur dix estiment qu’un travail adapté est peu ou pas possible dans leur organisation

Alors que la Belgique compte quelque 585.000 malades de longue durée (sans compter quelque 80.000 fonctionnaires non-repris dans les statistiques), les entreprises restent mal armées pour organiser leur réintégration. Selon une enquête de Mensura, seules 12% disposent d’une politique collective formelle de réintégration, pourtant obligatoire depuis fin 2022. Et quatre entreprises sur dix estiment qu’un travail adapté est peu ou pas possible dans leur organisation.

La Rédaction - 9 juli 2026

La réintégration des malades de longue durée est devenue un enjeu majeur de santé publique, de médecine du travail et de soutenabilité sociale. Le principe est simple : éviter que l’incapacité ne s’installe durablement, maintenir un lien avec le travailleur absent et, lorsque son état le permet, organiser un retour progressif ou adapté.

Mais entre l’intention et la réalité de terrain, l’écart reste considérable. C’est ce que montre le dernier grand baromètre bisannuel de Mensura, réalisé par Indiville auprès de 503 entreprises belges. Malgré l’obligation légale, seules 12% des entreprises disposent aujourd’hui d’une politique collective formelle de réintégration. C’est un progrès par rapport à 2024, où elles n’étaient que 7%, mais le mouvement reste lent.

Plus frappant encore : 41% des entreprises interrogées déclarent qu’il leur est peu ou pas possible de proposer un travail adapté à un collaborateur revenant après une longue incapacité. C’est six points de plus qu’il y a deux ans.

Encore plus difficile dans les PME

La difficulté est particulièrement marquée dans les petites structures. Parmi les PME de moins de dix travailleurs, 44% affirment qu’un travail adapté n’est presque jamais possible. Dans les grandes entreprises de plus de 500 travailleurs, cette proportion tombe à 9%.

Cette différence n’a rien d’étonnant. Dans une grande organisation, il existe souvent plusieurs fonctions, plusieurs services, des possibilités de réaffectation, d’aménagement horaire ou de reprise progressive. Dans une petite entreprise, le nombre de postes est limité, les tâches sont moins facilement modulables et l’absence d’un seul collaborateur peut déjà peser lourdement sur l’organisation.

“Trois quarts des entreprises qui ne peuvent pas proposer de travail adapté citent la nature même de l’organisation comme principale raison” - Bart Teuwen, expert en absentéisme chez Mensura.

“La Belgique reste un pays de PME. Or ces entreprises ont moins de possibilités d’adapter les jobs pour un travailleur qui revient après une longue maladie. Les horaires adaptés y sont également souvent moins évidents.”

Pour ces petites structures, Mensura estime que l’accent doit davantage être mis sur la prévention. Autrement dit : éviter que l’absence ne devienne durable, repérer plus tôt les situations à risque, maintenir le contact pendant l’incapacité et, lorsque le retour interne n’est pas réaliste, envisager plus clairement la réintégration externe, c’est-à-dire la reprise du travail chez un autre employeur.

Une complexité qui décourage

L’enquête montre également que les entreprises ne sont pas seulement confrontées à une difficulté pratique. Elles sont aussi souvent démunies face à la complexité du cadre légal. Une entreprise sur cinq déclare ne pas disposer des connaissances nécessaires ou du temps suffisant pour s’occuper correctement de la réintégration.

“Il ne s’agit généralement pas de mauvaise volonté”, insiste Bart Teuwen. “Beaucoup d’organisations indiquent que la multiplicité des obligations et des règles rend le système complexe. Elles se perdent dans la complexité réglementaire.”

Cette méconnaissance dépasse les seules obligations légales. Mensura souligne par exemple que de nombreuses entreprises ignorent qu’elles peuvent bénéficier d’un soutien financier via le Fonds Retour Au Travail lorsqu’elles accompagnent des malades de longue durée vers le marché de l’emploi.

Le rôle central des médecins

Pour les médecins du travail, les médecins généralistes et les autres acteurs de la santé au travail, ces chiffres rappellent l’importance d’un accompagnement précoce. Le retour au travail ne se prépare pas au moment où l’absence est déjà installée depuis des mois. Il suppose une communication prudente, un suivi médical adapté, une évaluation réaliste des capacités restantes et un dialogue entre le travailleur, l’employeur, le conseiller en prévention-médecin du travail et, le cas échéant, le médecin traitant.

Mensura appelle dès lors à ne pas transformer la réintégration en simple exercice de conformité administrative. “Que l’État rende la réintégration moins facultative est plus que légitime”, estime Bart Teuwen. “Mais malgré toutes les bonnes intentions, un non-expert se perd rapidement dans le système actuel. Pour les mesures encore dans le pipeline, il faut limiter au maximum la charge administrative. L’accent doit être mis sur la prévention, sur le contact et sur l’effet réel des mesures, pas sur la conformité.”

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